Bande dessinée – Cet été-là

Cet été-là

Tamaki, Jillian et Mariko Tamaki. 2014. Cet été-là. Rue de Sèvres.

Genre : bande dessinée
Clientèle suggérée : 1er et 2e cycle du secondaire

Résumé de l’éditeur 

Rose et Windy se connaissent depuis l’enfance. Elles se retrouvent chaque été au lac Awago où leurs familles louent des cottages. Cet été-là, elles ont 13 ans et 11 ans et demi, passent leurs journées à se baigner, à faire des barbecues en famille et regardent des films d’horreur en cachette. Mais surtout, elles partagent les mille questions de l’entrée dans l’adolescence. Une étroite différence d’âge, suffisante à cette étape charnière pour que leurs préoccupations diffèrent : Rose suit avec beaucoup d’intérêt les démêlés d’un groupe d’ados plus âgés, Windy aime encore jouer. Chacune d’elle se débat en parallèle avec ses problématiques familiales. Une plongée toujours fine et juste dans l’adolescence.

Appréciation 

Cet été-là, c’est le moment où on réalise que l’on sort de l’enfance. On souhaite être traité comme un enfant et s’amuser dans le sable, mais on veut également être pris au sérieux, louer des films d’horreur et être indépendant. Nos intérêts changent, tout comme notre corps. Malgré le besoin d’autonomie, on a encore besoin de la protection de nos parents.

Cette bande dessinée raconte donc les tribulations estivales de deux amies préadolescentes. L’une étant plus près de l’enfance et l’autre de l’adolescence, leurs visions du monde diffèrent et s’affrontent sur plusieurs points, notamment en ce qui a trait à la sexualité. En effet, leur curiosité les pousse à observer attentivement les faits et gestes d’un groupe d’adolescents plus vieux et à se questionner par rapport à leur comportement.

C’est un roman graphique dense (320 pages) qui comprend plusieurs non-dits représentés par des planches sans dialogues. C’est un récit à lire tranquillement, à savourer, pour apprécier pleinement le scénario et le dessin en noir et blanc. C’est donc un rythme assez lent et l’intrigue est assez minimaliste, mais on se laisse facilement transporter par ces chroniques, tantôt drôles, tantôt touchantes. À travers les personnages secondaires, on touche notamment à la dépression et à l’avortement.

Bien que ce soit une bande dessinée destinée à un jeune public, elle saura plaire à tous. Le thème du passage de l’enfance à l’adolescence étant assez universel, la BD interpellera autant les préados et rappellera des souvenirs aux plus vieux. Cet été-là a gagné plusieurs prix, dont le meilleur roman graphique (Prix Ignatz), meilleur scénario (Festival de la bande dessinée de Lucques), meilleur album (prix Eisner), en plus de faire partie de la sélection officielle du 42e festival international de la bande dessinée d’Angoulême.

-Mélina Doyon, bibliothécaire au secondaire, CSSH

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