Bande dessinée – Tout seul

tout seul

Chabouté, Christophe. 2008. Tout seul. Vents d’Ouest.

Genre : bande dessinée
Clientèle suggérée : 1er et 2e cycle du secondaire

Résumé de l’éditeur

376 pages d’émotion pure…

50 ans qu’il vit ici, sur ce caillou, dans son vaisseau de granit. Bateau immobile qui ne l’emmène nulle part et qui ne rejoindra jamais aucun port… Et pourquoi quitter ce lieu alors que le monde au-delà de cette satanée ligne d’horizon fait si peur ? Où s’évader lorsqu’on n’a nulle part où aller ? Comment combattre la solitude et empêcher que ce silence perpétuel ne devienne assourdissant ?… Des années passées sur son rocher, avec l’imagination comme seule compagne… Avec Tout seul, Christophe Chabouté signe un de ses albums les plus surprenants, où se côtoient onirique et quotidien et où s’enchevêtrent subtilement sensibilité, tendresse et humour…

Appréciation 

Tout seul est un de mes coups de cœur de 2016 (même s’il est paru en 2008!). J’ai tout simplement adoré ce roman graphique qui est beau, poétique et touchant.

Ce roman graphique est tout simple, avec de belles illustrations en noir et blanc, un minimum de texte, mais qui est extrêmement riche en émotions. « Tout seul », c’est le surnom d’un homme défiguré qui vit seul dans un phare sur une petite île. Il y est né et y vit depuis la mort de ses parents. Il n’a donc jamais quitté son logis ni rencontré d’autres humains. Chaque semaine, un marin lui livre des provisions, promesse qu’il avait faite à son père. « Tout seul » n’a personne d’autre comme compagnon qu’un dictionnaire et un poisson rouge. Il pointe des mots au hasard dans le dictionnaire pour s’évader et en apprendre sur le monde extérieur. Lorsqu’un nouveau marin commence à s’intéresser à son sort, il essaie de prendre contact avec lui. Cela bouleversera son monde.

J’ai beaucoup aimé le fait d’avoir un accès à l’imaginaire de « Tout seul ». Lorsqu’il pointe des mots au hasard dans le dictionnaire, on voit comment il se représente la définition. Par exemple, pour « champignon », alors que la définition précise que les humains peuvent en avoir aussi, « Tout seul » s’imagine des gens avec des champignons (l’aliment), partout sur le corps. Ce pourrait être un exercice facilement réalisable avec des élèves, soit de deviner des définitions de mots inconnus, ou de réinventer des définitions.

J’aime beaucoup les récits où des gens ont grandi sans contact avec l’extérieur. Leur conception du monde étant différente, on est amené à méditer sur la manière dont nous pourrions leur expliquer notre monde. De plus, cette situation nous amène à réfléchir sur la solitude et sur les éléments que l’on trouve important dans notre vie. On pourrait mettre ce roman graphique en relation avec Room de Emma Donoghue, Le livre de la jungle de Richard Kipling ou Les enfants incorrigibles du domaine Ashton de Maryrose Wood. D’ailleurs, sans vouloir en révéler trop, un marin apporte un colis spécial à « Tout seul » vers la fin du récit. Il y a là matière à exploiter dans un cours d’univers social, par exemple…

Finalement, d’un point de vue artistique, c’est une BD intéressante pour étudier les perspectives, les échelles de plans et les points de vue. Il y a plusieurs pages où il n’y a pas de textes et qu’on apprécie seulement les images. Voici en exemple les premières planches du récit.

En bref, une bédé très riche en émotion qui mérite d’être découverte et exploitée en classe.

Tout seul sera bientôt disponible au centre de documentation du siège social de la CSSH.

– Mélina Doyon, bibliothécaire au secondaire, CSSH

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *