Pour en finir (ou non!) avec les devoirs au primaire

La question de la pertinence des devoirs au primaire a suscité nombre de débats, tant dans les médias qu’entre les divers intervenants du monde scolaire. Certains considèrent les devoirs comme primordiaux pour permettre aux élèves de consolider les apprentissages effectués pendant la journée et pour leur inculquer de bonnes habitudes de travail. Au contraire, d’autres croient que les devoirs sont néfastes pour les élèves en contribuant à la détérioration de la relation école-famille et à la diminution de la motivation scolaire. Ces deux positions, quoique opposées, présentent toutefois la même intention, c’est-à-dire éviter de porter préjudice à l’élève en décidant de lui donner ou non des devoirs.

D’entrée de jeu, il importe de souligner que les résultats de la recherche scientifique sur les effets des devoirs sur l’apprentissage sont contradictoires, « peut-être à cause de la variété et, dans certains cas, de la faiblesse des méthodologies utilisées. […] Malgré ces limites méthodologiques, la vaste majorité des recherches tendent à démontrer que le temps consacré aux devoirs ou la quantité de devoirs influence positivement les résultats scolaires au secondaire (Cooper, Robinson et Patall, 2006; Conseil canadien sur l’apprentissage, 2009). Il en va cependant autrement au primaire : selon la méthode d’analyse retenue, l’effet des devoirs peut être faible et négatif (plus de temps consacré est associé à de moins bons résultats) ou positif mais si faible qu’il n’est pas significatif sur le plan statistique (Cooper, 2007). […] De fait, des recherches s’intéressent de plus en plus à d’autres variables que le temps consacré aux devoirs. Certaines révèlent que la variation des types de devoirs, la différenciation des devoirs selon les besoins des élèves ou le fait de donner un choix des tâches à réaliser pourraient avoir des effets positifs sur l’apprentissage. Le rôle de la motivation qui engendre l’effort nécessaire pour faire les devoirs est souligné par plusieurs chercheurs. »¹

Dans son avis Pour soutenir une réflexion sur les devoirs à l’École primaire, le Conseil supérieur de l’Éducation recommande principalement de mener localement une réflexion collective sur les devoirs en vue d’assurer l’équité et la cohérence dans les mesures d’accompagnement scolaire et d’aide aux devoirs et de faire de ceux-ci une occasion de meilleure collaboration école-famille-communauté.

C’est dans cet esprit que l’équipe des conseillers pédagogiques de la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe a élaboré cette démarche d’accompagnement virtuelle pour les équipes-écoles qui désirent réfléchir ensemble et se positionner quant aux devoirs à proposer à leurs élèves.

Cette démarche d’accompagnement, inspirée de celle du Cadre de référence sur la conseillance pédagogique de la CSSH, s’articule autour de ces 5 étapes:

  • définir la situation actuelle quant aux devoirs : les objectifs visés, l’aide offerte, les conséquences en cas d’un devoir non fait et les problématiques rencontrées.
  • définir la situation désirée pour l’école en s’appuyant sur divers résultats de recherche
  • planifier l’action en établissant des orientations en matière de devoirs et leçons qui favorisent une cohérence institutionnelle des pratiques pour éventuellement les inscrire dans la documentation officielle de l’école
  • mettre en application les orientations retenues
  • évaluer les effets obtenus par l’application des orientations de façon à apporter des ajustements au besoin.

¹ CSE. Pour soutenir une réflexion sur les devoirs à l’école primaire, version abrégée, p.6 et 7.


Références principales :

En anglais :

Opinions :

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