Roman – Artéfact

 

artéfact

Leblanc, Carl. 2012. Artéfact, Montréal : Éditions XYZ.

Genre : roman
Clientèle suggérée : 4e secondaire ou 5e secondaire
Résumé tiré de Lectures d’ici et d’ailleurs

Le point de départ d’Artéfact est ce petit cœur en tissu exposé au Centre commémoratif de l’Holocauste de Montréal, carte de souhaits confectionnée par des détenues d’Auschwitz travaillant à l’usine de munitions Union. Un «crime pour l’humanité», au péril de leurs vies afin de souhaiter un bon anniversaire à l’une d’entre elles. Douze femmes qui ont signé de leurs noms les fragiles pages de cet objet-espoir, cette bouée surgie des abîmes d’Auschwitz.

« Il se pencha pour observer le carnet. Offrir des vœux alors qu’on est prisonnier dans un camp de concentration? Il s’appliqua à imaginer ce qu’il avait fallu de détermination pour le confectionner. Dans cet empire du chiffre que fut Auschwitz, l’artéfact disait la revanche des mots et, bien sûr, était-on tenté d’ajouter, de l’humain. Car enfin, si même à Auschwitz, des femmes, sur les bras desquelles on avait tatoué un numéro, avaient pris cette peine de…, on pouvait se dire que, peut-être, après tout, si l’animal devait l’emporter sur l’homme, ce serait fait depuis longtemps. » (p.13)

Carl Leblanc, journaliste et documentariste, a découvert cet artéfact stupéfiant en visitant le Centre commémoratif de l’Holocauste en 1998, et il a par la suite réalisé un documentaire très touchant sur le sujet en 2010, Le coeur d’Auschwitz (Productions Ad Hoc), après plusieurs années de recherches et d’attente de financement. Pour patienter, il a inventé cette histoire et écrit le premier jet d’Artéfact. Puis le financement pour le documentaire est arrivé et le roman a été mis sur la glace. Après la sortie du documentaire, qui le laisse insatisfait, Carl Leblanc se remet à l’écriture pour nous livrer la version définitive d’Artéfact. La comparaison entre les deux œuvres est inévitable, malgré la différence de support et de point de vue, car elles sont fortement complémentaires (et entraineront possiblement l’envie d’aller visiter le Centre commémoratif de l’Holocauste de Montréal).

 
Appréciation
 

Ce roman captivant constitue une porte d’entrée dans l’Histoire.  En suivant ce journaliste et son enquête, on navigue entre fiction et réalité.  On découvre l’horreur par le biais de la compassion que l’on ressent pour ces femmes, signataires du carnet appelé le cœur d’Auschwitz,  carnet qui constitue un acte de révolte commis au fond d’un enfer sans espoir.   Un accompagnement des élèves est essentiel afin de leur fournir les clés de compréhension nécessaires à la saisie des nombreuses facettes de ce livre.  Ce commentaire de Danielle Laurin du journal Le Devoir illustre bien la richesse du roman :

« Il y a le croisement entre la grande Histoire et les petites histoires. Il y a l’entrecroisement des bourreaux et des victimes. Il y a d’étonnantes coïncidences. « D’ailleurs, la guerre, était-ce autre chose que ce réseau triste de connexions dans le malheur ? »

« Il y a les morts, il y a les survivants. Il y a la question de la dignité humaine, la question de savoir ce qui constitue notre humanité. Il y a le devoir de mémoire et le désir d’en finir avec le passé. »

« Il y a la recherche de vérité, au-delà de la justice. »

« Il y a même l’« overdose de la Shoah ».»

« Il y a tout ça et plus encore dans Artéfact.»

De plus, la trame narrative qui raconte des histoires en parallèle ainsi que les multiples bonds et retours en arrière pourront compliquer la vie aux lecteurs plus faibles.  Par contre, pour la 5e secondaire, il s’agit d’une démonstration du récit avec contrainte dont l’écriture est suggérée par la Progression des apprentissages.

 

Pistes d’exploitation pédagogiques

Les pistes d’exploitation sont multiples.  Bien sûr, le visionnement du documentaire à la suite de la lecture serait un ajout particulièrement intéressant.  On réunit alors la fiction et la réalité.  Les thèmes présentés permettent aussi la mise en place de discussions riches et profondes.  Voilà une occasion de faire réfléchir les élèves sur l’Histoire, le passé, les valeurs humaines, la compassion, l’importance de l’entraide, la bêtise humaine, le courage, etc.

D’autres œuvres littéraires et cinématographiques pourraient permettre la constitution d’un réseau sur le thème de l’Holocauste, de la guerre, de l’humanité profonde qui survit aux conditions extrêmes ou de la compassion humaine.

On peut aussi accéder à une entrevue avec l’auteur diffusée à l’émission Plus on est de fous plus on lit, sur le site de Ici Radio-Canada.  On pourrait alors en faire une activité d’écoute afin de découvrir cet auteur.

Aussi, les enseignants qui voudraient pousser l’exploitation de l’œuvre encore plus loin, pourraient offrir aux élèves une visite au Centre commémoratif de l’Holocauste de Montréal.

Bref, ce roman une mine d’or à mettre entre les mains de nos élèves et à exploiter avec eux.

– Marie-Eve Fournier, conseillère pédagogique de français au secondaire, CSSH

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