Roman pour ados – Maman aime danser

Pobel, Didier. 2016. Maman aime danser. Bulle de savon, 67 p.

Genre : roman psychologique
Clientèle suggérée : à partir du 1er cycle du secondaire

Résumé de l’éditeur
C’est un petit garçon et il est seul chez sa grand-mère pour le week-end, sa mère est partie danser. Maman aime beaucoup danser, tu sais, lui répète son père. On est lundi, elle n’est toujours pas revenue. Elle aime danser, d’accord, mais la musique doit bien s’arrêter un jour, non ?

Une voix d’enfant, drôle, légère, virevolte au-dessus d’un vide qu’on devine. Didier Pobel excelle à retranscrire cette musique de l’enfance qui refuse le monde étrange des adultes. Ce garçon est le petit frère du héros de L’Attrape-cœurs de Salinger, il ne baisse pas les bras, il ne veut pas se réveiller et sortir de son rêve.

Maman aime danser évoque de manière infiniment délicate ce qu’il peut rester de l’innocence après le drame intime et collectif qui a secoué le pays tout entier.

Appréciation
Maman aime danser est un très court roman qui pourrait très bien être lu par l’enseignant à la classe. On y traite de manière très sensible et touchante l’attentat du 13 novembre 2015, en France. Comme le narrateur est un petit garçon de six ans, le lecteur comprend beaucoup plus que lui. On se met toutefois facilement dans sa peau, on sent son désarroi et son impuissance face à la situation qu’il tente désespérément de saisir.
On ne mentionne pas du tout l’attentat du Bataclan (sauf dans l’épilogue), mais on est capable de repérer plusieurs indices à travers les yeux du petit garçon. On sent également les adultes autour de lui tenter de l’épargner. L’auteur joue également beaucoup avec la compréhension du gamin, et joue sur les mots.

« À un moment, j’ai entendu de drôles de mots qui étaient peut-être pelisse et spycologue. […] Et puis je ne suis pas tout à fait sûr de la prononciation de ces mots, ça n’a pas d’importance, c’est des mots pour les plus grands. Je me débrouille comme je peux pour les rapporter. » (p. 32).

« Ce qui m’a intrigué dans tout ce micmac, je crois que c’est le mot concert. J’avais déjà entendu papa et maman le prononcer. Un jour qu’ils parlaient d’Éric […] ils ont murmuré plusieurs fois concert et ils n’avaient pas l’air gais. […] J’avais compris – enfin, je ne pouvais pas comprendre, mais c’était tout comme – que le concert était une maladie, une sorte de gros rhume avec plein de mircobes. Maman aurait un concert que ça ne m’étonnerait pas » (p. 56).

D’autres ouvrages en lien avec le terrorisme :

  • ALBUM : Armange, Xavier. 2013. Les oiseaux blancs de Manhattan. Rêves bleus, D’Orbestier. 31 p.
  • ROMAN : Stratton, Allan. 2012. Qui es-tu papa? Bayard, 352 p.
  • ROMAN : Villeminot, Vincent. 2016. Samedi 14 novembre. Éditions Sarbacane, 213 p.

D’autres ouvrages en lien avec le deuil familial :

  • ALBUM : Nadon, Yves. 2006. Ma maman du photomaton. Les 400 coups, 32 p.
  • ROMAN : Pitcher, Annabel. 2011. Ma sœur vit sur la cheminée. Plon, 235 p.
  • ROMAN : Nelson, Jandy. 2010. Le ciel est partout. Gallimard, 331 p.

Mélina Doyon, bibliothécaire au secondaire, CSSH

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